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A un moment, il faut choisir la route.
Charles a déplié la carte routière. Ici la courbe d’un tracé qu’on imagine vert et vallonné. Là le nom d’un village inconnu. On parle fort, le son de nos voix couvre à peine le bruit des moteurs.
En plein milieu de la route, on se fout pas mal des autos qui attendent ou qui pourraient stopper à un mètre de nos feux arrières.
Et puis le doigt pointe un nom, dessine un itinéraire. On va prendre à gauche, vers le nord, et suivre la crête qui nous place au-dessus des creux d’ombre et de mousse. Forcément on choisit la lumière et le vertige des descentes en quatrième, le glissé des courbes qui ouvrent sur d’autres lignes d’herbe et d’arbres. L’énergie est à gauche, vers ce point désigné comme une cible d’ombre sous un coin d’arcades. Ce sera EAUZE, près de CONDOM.
Alors un regard furtif à droite, la main gauche qui serre fort la poignée d’embrayage le temps d’écraser une vitesse au pied et les engins glissent en courbe avec nous dessus, déjà sur la route.
Dayton
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